28 rue Saint Rémi Bordeaux


Uru/Arbre à pain
acrylique sur toile
100X72
Je ne sais pour quelle raison ma mère avait encadré et accroché une citation en face de la porte de ma chambre.
"Ne me parle pas de tes efforts parle moi de tes résultats."

Je me doutais que ce message m'était destiné mais je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Je n'étais pas trop mauvais élève (du moins à mes 12 ans...) et je n'ai jamais eu à me justifier de quoique ce soit (j'étais le gentil garçon à sa moman).
Je le lisais presque systématiquement à chacun de mes passages, je m'en imprégnais malgré moi.

Je n'ai pratiquement pas peins ces derniers temps et plutôt que d'expliquer que ceci est dû à mon récent déménagement, à ces nouveaux murs qui m'impressionnent et que le monstre d'habitudes que je suis ne s'y fait toujours pas, j'essaierai plutôt de parler d'un petit retour aux sources: la mythologie Polynésienne ;)

J'ai  l'opportunité de présenter quelques unes de mes toiles au festival de "la route des contes" de La Celle Saint Cloud petite ville à 12 km de Paris.

Ce festival annuel veut présenter le folklore des pays qui les engendrent par leurs contes. L'année passée le Japon, cette année la Polynésie.

J'ai eu l'agréable surprise de recevoir un mail de la commissaire d'exposition chargée de l'événement qui me proposait d'y participer. J'ai mis plusieurs jours à lui répondre. Il est vrai qu'à mes débuts en peintures je m'attachais à illustrer les contes et légendes de Polynésie qui me venaient à l'esprit, c'était un moyen simple de palier le manque du pays, de m'investir et acquérir une "certaine" technique en peinture.

Il devenait plus rare que j'en traite car j'avais de plus en plus l'ambition de m'accaparer les formes et usages de l'art pictural polynésien (le tatouage entre autres et surtout). Je voulais, à défaut de comprendre avec assurance ma "polynésiétude", m'inventer un langage que personne ne puisse me reprocher.

Cette invitation me rappelait combien peindre m'était à la fois sucre et sel. Je veux m'inventer un monde qui heurterait les puristes mais à la fois rendre hommage à ma culture soutenue par ces mêmes puristes. (Je ne sais pas si le terme est adequat mais je m'en contenterai).

Je décidais donc de peindre de nouvelles toiles qui seraient une sorte de carrefour de tout ce que je peux, et tout ce que j'ai pu vouloir élaborer jusqu'ici.

C'est sans prétention mais tout de même avec l'espoir que mon travail fasse "mouche" que je vous présente ce tableau qui veut être une représentation contemporaine de la légende du Uru.

Cette légende, ou ce conte (les deux expressions sont très proches en Polynésie, je développerai ce fait dans un article prochain, peut être...) est un classique que beaucoup de gamins de Polynésie entendent et répètent.

Un homme pour sauver ses proches de la famine se transforme en arbre dont les fruits (le uru ou le fruit de l'arbre à pain) donnera de quoi manger à son clan et par extension au peuple Polynésien.
Je donne la version courte mais cette version paraît la plus connue.

Je dois avoir l'esprit mal tourné mais je vois toujours quelque chose de sexuel dans les légendes Polynésiennes (là encore je développerai plus dans un prochain article).

Dans cette métamorphose je voyais une pénétration, une fertilisation de l'homme à la terre. Je le voyais copuler avec cette élément résolument féminin dans la représentation qu'en font (faisaient?) les Polynésiens.
Cette pénétration, l'entrée dans cet autre monde est une abstraction présente dans un tatouage assez commun en Polynésie.

Passage dans un autre monde
cf: dictionnaire du tatouage Polynésien
Teiki Huukena




                                      Mais j'en ai un chez moi d'exemple, tout doux et rond :)


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