To'ere Punk

Joueur de to'ere
acrylique sur toile 

Ce tableau n'existe plus. Il est à l'origine un gros ratage que je n'ai PAS  su ne PAS présenter. Je suis plutôt d'avis qu'il ne faut montrer que le meilleur de ce que l'on fait, je le considère, en fait, plutôt comme un semi-échec.
J'avais écrit un texte qui l'accompagnait sur "facebook" je le garde tel quel, parce que je crois y avoir tout dit.


Je m'essaie au portrait depuis un moment sans grand succès.
J'avais pour projet de peindre quelques scènes du Heiva avec pour base, les clichés d'Elsa que je trouve particulièrement inspirants.
Ici, je voulais juste faire le portrait classique d'un des musiciens (de la troupe de danse Manahau) à qui je trouvais un certain charisme. Je n'arrivais pas à rendre cette personnalité en peinture. N'est pas portraitiste qui veut...
C'est donc déçu, et par défaut, que j'ai superposé un des masques du duo Daft Punk sur le visage du (trop) charismatique joueur de to'ere.

Je n'aime pas rester sur des échecs par contre j'ai moins de problème avec les semi-loupés.
Je trouvais la juxtaposition un peu provocante et intéressante au niveau de la lumière. J'avais besoin d'un élément lumineux qui rehausserait les tons et arracherait l'impression lugubre qui se dégageait du tout.
La forme du casque m'a tjrs fait penser à un tiki (et cela depuis la première fois que j'ai pu voir des photos de Daft Punk duo que j'aime bien) je ne m'écartais donc pas trop d'un principe que je m'impose, faire du Polynésien sans forcément user de formes ou symboles surexploités (c'est un leitmotiv et non une critique).
Aussi, le contraste qui sépare l'instrument archaïque qu'est le To'ere et la complexité du casque Daft Punk, évoque je l'espère, les relations ambiguës entre tradition et modernité, que l'on rencontre en Polynésie. Une question qui faisait débat à une époque au sein des écoles de danse et des valeurs que cet art devait ou non véhiculer.

Je terminerai sur des excuses à Elsa et au musicien pour l'interprétation (très, trop personnelle) de sa photo qui est loin, de ce que j'avais en tête au départ. Mais c'est avec un certain optimisme que je me pencherai sur de futurs compositions et rendre hommage à cet atout qu'est le Heiva.

PS: les lumières du casque sont les couleurs de la palette que j'ai utilisé pour cette peinture.



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2 commentaires:

Claire*R. a dit…

A mes yeux, je ne dirais pas que c'était un échec!
(J'ai pris du temps à venir écrire car les mots ne me viennent pas toujours facilement!)
L'artiste n'est jamais le meilleur "critique" pour ses propres oeuvres je crois.
C'est souvent avec du recul sur plusieurs mois...années... qu'on arrive à voir autrement.
Ce qu'on voyait comme un échec devient parfois une réussite et ce qu'on voyait comme une réussite devient parfois une catastrophe avec le temps, tout dépend avec quelles "paires de lunettes" on regarde o_0 !
On devrait regarder l'ensemble de nos oeuvres plutôt qu'une seule oeuvre. J'avoue que je ne le fais pas toujours...
Le portrait, ce n'est pas toujours facile mais on s'entend qu'une peinture, ce n'est pas une photographie non plus!!

Bonne semaine!

Vaianu H. a dit…

J'y voyais deux loupés.

D'une part le portrait que je n'arrivais pas à faire. C'est vraiment un genre dans la peinture qui me plaît et sur lequel je veux travailler. C'est vrai que ce n'est pas de la photographie mais il y avait un charisme chez ce monsieur qui va plus loin que son portrait (fidèle ou non) qui m'échappait et qui m'échappe toujours d'ailleurs.
Je m'acharne à vouloir faire des portraits alors que je n'y arrive pas. Mais je ne désespère pas et ça viendra peut-être un jour. Je suis borné et ne lâche pas facilement l'affaire (sauf dans deux, trois domaines où je n'ai même plus l'envie d'essayer).

Il y a aussi cet élan qui a été sacqué net, par ce raté. Je voulais faire une série de portraits sur un événement annuel dans mon pays. ça me tenait vraiment à coeur et d'un coup je me suis retrouvé devant la muraille de chine!! Je m'étais planté dans ma prise d'élan et ma motivation s'est écrasée contre mon orgueil... J'ai donc revu à (très) plus tard mon idée.

Je suis tout à fait d'accord avec toi pour la "paires de lunettes" mais quand même un boudin ne devient pas foie gras, même avec du temps ^^

Je crois que ce qu'il y a de bien en peinture c'est qu'on n'est vraiment pas obligé de faire du réel et que ça apporte même une marge énorme de composition et de lyrisme (indépendamment du sujet traité).
La subjectivité d'un auteur sur son travail est un problème au moment où il est pleinement satisfait de lui-même, non? Je ne sais pas pour toi mais il est au final rare que je sois "vraiment" content de ce que je propose. J'ai toujours envie de plus, de moins, de...de... mieux!

Quant à l'ensemble de mes travaux depuis que je peins je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai l'impression d'avoir commencé trop tard... Je n'arrive pas travailler "en série" et je trouve donc l'ensemble décousu; ça lui retire ce dont j'ai vraiment envi de la portée! Mais j'y travaille.

Merci de m'avoir permis d'écrire par ton commentaire!

Bonne semaine et beau printemps! :)

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